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Weekend au Mein Ma Hla Kyun Wildlife Sanctuary

Une fois encore, nous quittons l’animation de Yangon pour aller profiter des sites accessibles par la route, au départ de Yangon. Ce weekend, direction le sud-ouest de Yangon pour rejoindre le sanctuaire sauvage de Mein Ma Hla Kyun, dans le township de Bogalay (ce nom est bien plus connu des Birmans). Il faut environ 5 heures de route pour rejoindre la ville de Bogalay, point de départ de notre expédition. Nous quittons donc Yangon vers 05h du matin pour profiter au mieux du weekend.

A Bogalay, il faut se faire enregistrer pour accéder au quartier général du sanctuaire. C’est également là que nous laissons notre véhicule pendant 2 jours, car le sanctuaire est accessible ensuite par bateau. Nous retrouvons notre guide (réservé à l’avance) qui est spécialiste de la zone, de la faune et flore du parc. Nous embarquons sur un des bateaux à moteur du parc et il nous faut presque 2 heures pour rejoindre la seule guesthouse du parc (Freda Guesthouse, basique mais le staff est formidable, tout comme les repas). Nous y déposons nos sacs et y déjeunons, dans un cadre totalement naturel, un vrai bonheur. Le site est une île, principalement recouverte de mangrove, avec plein de petits canaux. Pour les aventuriers, c’est vraiment l’idéal. L’après-midi, nous reprenons le bateau pour partir à la « chasse au crocodile », le meilleur endroit du pays pour voir ces crocodiles d’eau de mer. Nous avons la chance d’en apercevoir un, alors que le meilleur moment de la journée pour les apercevoir est généralement à la nuit tombée.  Nous avions entendu parler aussi des dauphins de l’Irrawaddy, mais nous n’avons pas pu en voir cette fois-ci… La sortie de nuit fut également un grand moment, car nous avons pu voir de nombreux bébés crocodiles, avec leurs yeux brillants à la lumière de nos torches.

Le lendemain, après le petit-déjeuner, nous repartons en bateau pour aller découvrir, avec notre guide, la mangrove et plusieurs espèces d’oiseaux qui vivent sur l’île, ou qui sont de passage lors des grandes migrations. Encore une fois, le spectacle est au rendez-vous, avec de nombreux oiseaux repérés dans un site extrêmement calme et paisible. Que

Quel changement après une semaine dans l’agitation de Yangon. Nous resterions bien 2 jours de plus… ce qui est d’ailleurs conseillé par notre guide qui nous montre sur des cartes tous les espaces qui sont encore à découvrir. Revenir lors d’un long weekend est donc déjà dans un coin de notre tête. Nous quittons le site en bateau vers 14h afin de rentrer sur Yangon vers 22h, mettant fin à ce magnifique week-end d’aventure. Le guide nous explique qu’il y a également un ferry qui fait la liaison entre Yangon et Bogalay dans le delta, mais qui prend environ 12 heures de trajet et qui se fait de nuit. L’expérience pour le coucher et lever de soleil doit valoir le coup d’oeil… une prochaine fois peut-être !
A noter : le sanctuaire est à éviter de mai à septembre (saison de la mousson). La meilleure période est d’octobre à mars. 
 

Alan Dub est photographe français et grand voyageur. Il parcourt l’Asie depuis de très nombreuses années et en particulier la Birmanie où il a arrêté son objectif il y a maintenant 7 ans. 

« Je me suis rendu pour la première fois en Birmanie en 2011 et, comme je le pressentais, je suis tombé amoureux de ce pays. Depuis cette date, je m’y suis rendu 6 fois pour découvrir les multiples facettes de ce vaste territoire et réaliser des reportages. Au niveau photographie, je serai plutôt à mettre dans la catégorie photographe humaniste. Les gens m’intéressent, leur vie, leur milieu, leur culture. En France,  je suis photographe bénévole pour une association humanitaire, Habitat et Humanisme. Je tente avec mon objectif de témoigner du quotidien des personnes les plus démunies et de l’aide apportée par ce type d’association « .

Crédit – Alan Dub

A chaque retour en France, il enchaîne expositions et conférences. Après avoir couvert les élections de 2015 à Rangoon, reportage qui a fait l’objet d’une exposition dans le cadre du Off du festival du photojournalisme de Perpignan « Visa pour l’image », il repart pour un tout nouveau projet. « Après 2015, j’avais envie de repartir en Birmanie, mais cette fois pour un projet plus personnel. Fasciné par l’Irrawaddy, je décidais d’embarquer sur les vieux ferries qui naviguent sur le fleuve et ses affluents pour documenter photographiquement les conditions de vie à bord, difficiles et rudes tant pour les passagers que pour les porteurs. » Avec une jeune Birmane francophone, Chaw Su, ils échafaudent ensemble, à distance, le projet. Alan établit la feuille de route et le script qui doit permettre de réaliser le reportage photos ainsi que les interviews ; quant à Chaw Su, elle effectue des recherches pour identifier les ferries et leurs parcours tout en organisant sur place la logistique : trajets, horaires, réservations… « Cela n’a pas été si simple de trouver des parcours adéquats », explique Alan. « Mon projet initial consistait, à partir de la ville de Myitkyina, à rejoindre la ville de Bhamo et de là à embarquer sur un ferry pour descendre l’Irrawaddy. Malheureusement, deux semaines avant mon arrivée en Birmanie, il a fallu modifier notre itinéraire, certains lieux dans l’Etat Kachin étant interdits aux étrangers. »

Et c’est ainsi qu’en ce début de mars 2017,  ils embarquent tous les deux, d’abord sur le ferry local reliant Mandalay à Bagan, puis sur un ferry plus imposant pour une traversée de deux jours reliant Rangoon à la petite ville de Labutta, située dans le vaste delta de l’Irrawaddy. Durant ces traversées, passagers, membres d’équipage et porteurs sont photographiés mais aussi filmés et interviewés. « Mon projet était bien sûr  principalement axé sur la photographie, mais j’avais également prévu de réaliser quelques interviews filmées pour consigner les témoignages directs des personnes se déplaçant en ferry ou y travaillant », explique Alan. « Les contacts ont été incroyables et vraiment chaleureux. Sur le second ferry, j’étais le seul étranger à bord ; et même si je suis du genre à prendre des photos de très près, aucun porteur n’a exprimé un refus et j’ai été accepté rapidement. Je crois même qu’il y avait une certaine fierté et reconnaissance pour ces hommes qu’un photographe embarque avec eux pour témoigner de leur travail et de leur quotidien si âpre. Rendez-vous compte, sur ce ferry, 150 tonnes de marchandises sont chargées et déchargées à la main ! »

Pour Alan comme pour Chaw Su, ces moments restent inoubliables tant par les contacts que par l’expérience vécue. « Les interviews se déroulaient toujours de la même façon : Chaw Su identifiait sur le navire les contacts possibles, et une fois l’autorisation obtenue, elle réalisait l’interview au moyen du script que j’avais établi et moi je filmais. Une fois l’entretien terminé, Chaw Su me débriefait les principaux points évoqués et ensuite elle  consignait en français les informations obtenues. Sans elle, le projet n’aurait pas eu la même richesse documentaire ; nous avons même réussi à obtenir un entretien filmé avec le commandant du ferry Rangoon – Labutta », conclut Alan. De retour en France, le photographe travaille en chambre pendant plusieurs mois, à la fois pour sélectionner les photographies parmi les centaines prises durant le voyage, mais également pour monter le film retraçant cette aventure.
Intitulé  « Irrawaddy, fleuve de vie », le film est désormais bouclé…

Par Gulliver Travels