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Les travaux des toilettes sont finis et le Wok and Roll évolue !

Nous sommes arrivés au village de Set Set Yo. Une halte à l’école s’impose malgré que les classes soient actuellement fermées jusqu’en juin. Le chef du village et directeur d’école nous attend, double casquette pour un seul homme. Nous avons apporté de nouveaux uniformes scolaires pour les 38 enfants que nous avions rencontrés il y a 3 mois. Nous avons pu acheter des vêtements pour tous grâce aux généreux donateurs qui nous soutiennent parfois de manière tout à fait sporadique et parfois très régulièrement. J’ai reçu récemment un don de la part d’un groupe de touristes à qui j’avais vendu un voyage via l’agence pour laquelle je travaille. Chouette, car en plus, on se fait connaître !

Les enfants recevront les uniformes pour la nouvelle année scolaire et j’ai demandé qu’on fasse une belle photo de groupe à poster sur notre site.

Bien entendu cette visite avait aussi pour but de voir si les travaux des toilettes étaient finis… Eh bien ! oui en l’espace de 2 mois, un petit bâtiment avec 3 toilettes a vu le jour au fond de la cour de l’école. Tout a été prévu et bien fait. Une citerne pour l’évacuation, de l’eau pour le rinçage qui s’accumule au fil des pluies dans un grand réservoir. Il reste l’une ou l’autre petite finition comme une marche d’escalier pour en faciliter l’accès. Voyez donc la photo, n’est-ce pas beau ?

 

Nous sommes maintenant invités à partager un repas au monastère. Assis par terre devant une petite table basse bien remplie, nous nous sustentons d’un copieux repas. Nous mangeons d’abord seuls, Michel, Bernard et moi, ensuite nous sommes rejoints par le chauffeur mais il ne reste pas avec nous. Il est mal à l’aise : en Birmanie on ne mange pas avec les invités à la même table. Les hôtes d’abord puis les gens importants de la famille, puis seulement le reste des personnes comme les enfants, les bonnes ou les chauffeurs. Nous avons assez rapidement pris congé car un groupe de tournage cinématographique venait juste de débarquer pour filmer un clip avec les villageois, et puis nous avions encore bien d’autres choses à faire…

En route vers New Bagan, on va quitter les villages pour regagner la ville au magnifique site archéologique connu mondialement. Ça vaut vraiment le détour, il faut avoir vu Bagan dans sa vie. Une plaine vaste et impressionnante surtout au lever du soleil… quand le soleil montant fait sortir lentement les pagodes de la brume. On est dans un monde tellement magique, la plaine s’illumine, les temples semblent grandir à la vitesse de la montée du Soleil dans le ciel. On peut aussi admirer les montgolfières qui surgissent de nulle part et qui se laissent emporter par les courants d’air… C’est le calme absolu juste le chuintement du gaz qui s’échappe par intermittence, pour gonfler davantage le ballon et lui donner une légère puissance supplémentaire pour s’élever encore.

Avant d’atteindre cette vaste étendue, nous avons encore un peu de route à faire. On passe à côté de Sinluai mais pas le temps aujourd’hui pour un arrêt. Le terrain pour notre « ecolodge » est bien dégagé maintenant qu’il n’y a quasi plus de végétation et une nouvelle route est presque finie juste sur la droite. Maintenant l’emplacement à ce nouveau carrefour est vraiment idéal et plus simple à repérer. Le terrain est à l’angle de l’ancien chemin de terre, devenu une vraie route goudronnée à deux bandes, en cours d’élargissement, laquelle route croise donc la nouvelle route qui vient juste d’être construite. Il faut vraiment qu’on avance avec ce projet car depuis peu de temps on commence à voir fleurir partout sur la route qui mène au Mont Popa des hôtels en tout genre. Il est temps d’avoir notre accord du Gouvernement pour démarrer la construction.  Mais comme je l’ai sans doute déjà dit, ici les choses changent presque d’un jour à l’autre… en Birmanie il y a 3 choses qu’on ne peut pas contrôler, la météo, l’horaire des trains et… le Gouvernement ! De nouvelles lois naissent et poussent comme des champignons et puis peuvent disparaître aussi vite.

Avec notre projet de guesthouse écologique, on est vraiment dans l’air du temps, les Birmans prennent enfin conscience qu’il faut faire attention à la nature, ne pas polluer inutilement ; qu’il est temps de préserver la planète et d’ailleurs le Gouvernement commence à mettre pas mal de choses en place. On pense enfin a faire du tri de déchets, on installe des poubelles sur le site archéologique de Bagan, on essaye de préserver l’eau propre au lac Inlé, on pense à protéger la faune et la flore. Bref, sur ce point-là aussi on est en pleine (r)évolution.

Arrivés à Bagan, nous allons à Ingyin School voir comment ça se passe, on a un peu rediscuté des cours d’anglais et du reste aussi. Par exemple on essaye d’avoir un maximum de personnes différentes qui peuvent venir donner un cours ou faire une activité ludique avec les enfants. Nous avons donc un enseignant attitré qui est birman et qui vient les week-ends, puis on cherche d’autres locaux qui viennent de temps en temps et aussi des bénévoles qui viennent via l’ASBL. Nous avons quelques jeunes qui se sont proposés pour venir quelques jours et c’est très bien : ainsi les enfants apprennent différents accents et aussi différentes méthodes. La méthode birmane est un peu dépassée car elle consiste à apprendre par cœur ce qui ne permet pas aux enfants de communiquer mais juste de devenir de bons perroquets. On essaye vraiment de rendre les choses ludiques. A part l’anglais il y a aussi d’autres cours, comme des cours de crochet, de dessin et peinture, maintenant il y a des cours d’informatique.

 

Notre petite sœur EBISA de Paris avait offert un ordinateur portable pour l’école et nous avons aussi reçu un don d’une dame birmane qui a offert un ordinateur. Il y a donc seulement deux ordinateurs actuellement mais nous avons le projet d’en recueillir au moins 10 pour cette école. Non seulement pour apprendre des bases d’informatique mais aussi avoir la possibilité de voir des films en anglais par exemple, et surtout nous souhaitons leur offrir un logiciel de musique (Meludia), il faut ouvrir les esprits, donner la possibilité aux jeunes de découvrir d’autres choses et de peut-être se découvrir un talent caché.

Une fillette a un don extraordinaire pour le dessin, elle recopie à main levée des gravures qu’on retrouve sur les laques. Elle fait des choses magnifiques.  Finalement je trouve que ce projet qui était au départ très simple a pris de l’ampleur et grandi bien sans doute grâce à la famille qui s’occupe dès son bon fonctionnement.

 

«Wok and Roll» a bien évolué aussi même si on n’est pas encore arrivés à un grand rendement mais je suis certaine que cela va finir par arriver… à la prochaine saison touristique, on se bousculera pour venir préparer – et déguster ! – de bons petits plats auprès de Yin Mar Than. L’idée est de proposer un cours de cuisine avec une balade préalable sur le marché. Le repas est ensuite concocté par les touristes avec la maîtresse de maison et ensuite le repas est partagé entre les hôtes. On vient de fournir des tabliers et du petit matériel supplémentaire. On a acheté, à très bon prix, des ustensiles de cuisine d’une famille qui vient de quitter Yangon pour rentrer aux Etats-Unis. Et ainsi petit à petit on augmente le stock de matériel. On a fait coudre des nappes, des serviettes et des tabliers, on va faire des manicles maintenant. Ces gants seront aussi proposés à la vente ainsi un petit bénéfice en plus pour les cours et un souvenir sympa à emporter. Le livre de cuisine que j’ai rédigé sera vendu aussi sur place, et j’ai le projet maintenant de faire un deuxième tome en collaboration avec Yin Mar Than pour mettre ainsi en valeur son savoir-faire. A quoi sert l’argent ainsi collecté ? Tout simplement à faire tourner les cours d’anglais. Bien entendu, une petite partie sert toujours à améliorer et fournir du matériel pour les cours de cuisine et à faire vivre aussi un peu la famille, le reste est dédié au paiement de l’enseignant et à l’achat de nouveaux livres et matériel éventuellement nécessaires.

 

Cette petite famille a vraiment envie de s’en sortir et pourtant elle pourrait avoir baissé les bras depuis longtemps. En effet, il n’y a plus d’hommes, ils sont décédés brutalement et les deux dames se sont retrouvées seules avec 4 enfants à élever. Une autre sœur de la famille s’est installée avec eux et depuis peu un neveu et sa jeune épouse. Tout le monde travail, le neveu donne des cours d’informatique et il s’occupe aussi des cours de cuisine, une dame fait de la couture, les deux autres sœurs sont les cuisinières pour les cours mais aussi pour les locaux qui souhaitent des repas à emporter. Elles font des travaux méticuleux pour un atelier de confection de laques. Une d’entre elles fait aussi des lampes en fines lamelles de bambous. Nous avons trouvé des parrains pour soutenir la scolarité des 4 enfants, c’est merveilleux. Une belle solidarité au sein de cette jolie famille, où je me sens toujours accueillie comme faisant moi-même partie de cette petite tribu.

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